L'hiver, la nature s'endort


Votre jardin, qu’il soit peuplé d’une multitude de plantes ou qu’il s’agisse d’une simple cour agrémentée d’un rosier grimpant, d’un buddleia... vous trouverez toujours matière à vous émerveiller.

Prenez le temps de remonter jusqu’à la source. Même si vous ne possédez que quelques spécimens, vous voyagerez sur notre globe et retrouverez les origines. Vos asters proviennent des Etats-Unis, les bergénias de Sibérie, les glycines de Chine ou du Japon… Avec cette information, vous pouvez comparer et imaginer les climats du lointain. Vous savez que le cocotier, les bougainvilliers et tout l’exotisme ne sont pas pour nos jardins trop frais.

Tous les jardins regorgent d’activité et de vie : les bourgeons prêts à éclore, les insectes, les petits animaux, les champignons, les écorces,… La feuille et ses processus de transformation sont à la base même de la vie. Notre atmosphère dépend des feuilles qui l’alimentent en oxygène (la chlorophylle absorbe les radiations rouges et bleues de la lumière, mais réfléchit les vertes ce qui explique sa couleur).

Pourquoi de nombreuses plantes perdent-elles leurs feuilles l’hiver ? C’est une stratégie pour subsister contre le gel qui peut former des cristaux glacés dans les cellules. Sans feuilles, la circulation sève montante et descendante est presque arrêtée. Une concentration de sucre dans la sève peut abaisser la congélation.

Sous les feuilles tombées, il y a toute une vie ralentie. Les fourmis aussi disparaissent parfois à plus d’un mètre en sous-sol. Le dôme extérieur qui sert d’isolant finit même par s’écrouler car abandonné. La température à l’intérieur de la fourmilière est constante, toutes les ouvertures sont rebouchées. Une fourmilière peut exister de nombreuses années au même endroit.

Le lucane cerf-volant est lui aussi absent l’hiver mais pour une autre raison. Vous savez qu’avant sa transformation, il est larve pendant 3 ans et bel insecte pour un été seulement donc impossible à voir l’hiver. Notre grillon est lui aussi enfoui sous les feuilles à attendre la chaleur. Mais rares sont les adultes qui passent l’hiver. Ce sont les jeunes naissances de l’été qui se reproduiront l’année suivante.

Pas d’insecte ! et notre grenouille que mange-t-elle ?
Dans des gîtes d’hivernage, plus ou moins creux selon l’espèce, elle attend que la douceur revienne, dans la vase, sous l’eau, dans des trous du sol ou sous les feuilles. Durant 4 à 6 mois, aucune nourriture, les échanges métaboliques sont réduits au maximum. Ses amis lézards, salamandres, crapauds, serpents font de même.

Vous connaissez un petit oiseau gros comme une souris, un fouineur infatigable : le troglodyte. Les froids intenses lui sont fatals s’il ne trouve pas une larve d’insecte, une araignée, une chenille. Il est l’un des rares oiseaux à se regrouper pour dormir. Ainsi, on peut voir une dizaine d’individus rassemblés la nuit pour se réchauffer.

Pas loin d’eux, l’écureuil s’active quelques heures à la tombée de la nuit. Il cherche ses réserves et grignote quasi exclusivement les graines des pommes de pin. Rassasié, il gîte dans un trou d’arbre ou construit son propre abri de branches et feuilles à l’extérieur, mousses et herbes à l’intérieur. Lorsqu’il fait 0°C dehors il peut faire jusqu’à 20°C à l’intérieur, il limite ainsi la déperdition de chaleur corporelle car il n’y a pas de sommeil hivernal.

Le gîte du hérisson est lui aussi fait de matières végétales. Il se roule en boule, la température de son corps s’abaisse, les battements de son coeur diminuent et sa respiration se ralentit. Il entrecoupe son sommeil hivernal de sorties lorsque le temps se réchauffe, puis il retourne dans son gîte.

Un autre petit animal doit s’enterrer : l’escargot meurt dès les premières gelées s’il n’a pas pris ses précautions en s’isolant sous un morceau de bois ou en se cachant sous la terre. Ses amies les limaces sont moins fragiles, certaines sont même capables de geler et dégeler et de continuer à grignoter.

Comme tous ces petits animaux, nous aussi nous aimons que le soleil se presse et que le printemps revienne vite !

Le Grillon  - La Grenouille n°26 – Janvier 2015