Les nids de sorcière

Melampsorella caryophyllacearum : formule magique du balai de sorcière « La rouille balai de sorcière ».
Balai de sorcière - Forêt de Cheverny
Balai de sorcière à l'entrée de
la forêt de Cheverny
Cette maladie des arbres s’explique de plu­sieurs façons : provenance de champignons, de phytoplasmes (bactéries sans paroi et dépourvues de formes spécifiques). Au prin­temps, le vent transporte les spores du cham­pignon qui se déposent et germent sur les bourgeons. Ceux-ci mutent très doucement. Le champignon envahit les tissus des jeunes pousses et y provoque un renflement que l’on peut observer à l’automne. Les rameaux des pousses infectées sont rabougris. La rouille provoque rarement la mort d’un arbre mais provoque un ralentissement de sa croissance. Sur les conifères, la maladie, par l’apparition de rameaux courts et trapus, se développe d’une façon excessive à partir d’un même point. C’est une touffe végétale qui ressemble à un nid d’oiseau ou à un gîte de rongeur. Elle sert souvent de nid pour les écureuils. On trouve le plus fréquemment
cette touffe sur des conifères (épicéa, pin douglas, abies...) et sur certains feuillus (bou­leaux, tilleuls, charmes, merisiers, érables...).

Balai de sorcière - Forêt de ChevernyOn peut concevoir des arbres nanifiés à partir « d’un balai de sorcière ».
Au début de l’automne, on prélève un rameau de la touffe, on le trempe dans des hormones de bouturage et on le plante sous chassis froid. Après une année en terre, on peut transplanter notre petit arbre nain. Les touffes, pauvres en chlorophylle, peuvent persister 5 à 20 ans. Certaines touffes perdent leurs aiguilles l’hiver, d’autres non ; il s’agirait d’infections résultant d’anomalies physiologiques…
La forme du balai de sorcière causé par la maladie a alimenté de nombreuses histoires de forêts hantées, peu fréquentables ou à découvrir. À l’entrée de la forêt de Cheverny, en direction du golf, après l’alignement des séquoias, l’un des premiers pins est pourvu d’un nid de sorcière.

Le Grillon - La Grenouille n°35 - Avril 2017